A Rome, un cortège sans précédent contre les violences faites aux femmes

Les organisatrices de la manifestation, organisée dans le cadre de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, ont salué « une marée » en avançant le chiffre de 500 000 personnes à Rome. Si la participation était sûrement moindre, le cortège qui a défilé, samedi 25 novembre, dans les rues de la capitale italienne a impressionné par sa densité. D’autres ont par ailleurs eu lieu à Milan, à Turin, à Pérouse ou encore à Messine (Sicile).

Devant le Cirque Maxime, l’un des symboles de la Rome antique, des dizaines de milliers de personnes ont ainsi répondu à l’appel de l’association Non Una di Meno (« Pas une de moins »). Deux heures après le rendez-vous fixé, les manifestants, pour la plupart des femmes de plusieurs générations, ont défilé dans les rues de la capitale au cri de « Assez ! ». Il s’agissait en premier lieu de dénoncer un nouveau féminicide qui a fait la « une » de toute la presse transalpine ces derniers jours, celui de Giulia Cecchettin, 22 ans, tuée le 13 novembre par son compagnon, près de Venise.

Giulia est la 106e femme décédée en Italie cette année à la suite de violences domestiques. Son meurtrier a été extradé d’Allemagne où il s’était enfui. Incarcéré à Vérone, il doit être présenté devant un juge mardi. Samedi, une minute de silence à la mémoire de Giulia a été observée. « Je suis née en 1996, et, depuis cette date, près de 3 000 sœurs, rien qu’en Italie, ne peuvent être ici parce qu’elles ont été tuées par le patriarcat. Aujourd’hui, je marche aussi pour elles », a écrit sur une pancarte Federica (comme d’autres personnes interrogées, elle n’a donné que son prénom).

« Il faut arrêter le massacre »

La jeune femme, peinture violette sur les joues – la couleur choisie par les mouvements féministes – souhaiterait qu’une réflexion générale soit engagée dans son pays. « Il faut une introspection sur la société et ses structures sexistes, explique-t-elle. Il ne s’agit pas seulement d’éduquer les jeunes au respect, mais avoir l’humilité d’éduquer chacun d’entre nous, y compris au niveau des institutions, quelle que soit la couleur politique du gouvernement. »

« Il faut arrêter le massacre », expliquait de son côté Elly Schlein, secrétaire du Parti démocrate (gauche), présente dans la manifestation romaine. La cheffe de l’opposition n’a pas souhaité polémiquer sur la discrétion de nombreuses figures de la majorité gouvernementale, mais a plaidé pour une approche transpartisane de la lutte contre les violences faites aux femmes. Autour d’elle, beaucoup regrettaient l’absence de Giorgia Meloni, première femme à diriger le pays.

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