En Espagne, la gauche en mauvaise posture après le décompte des voix de l’étranger

Le décompte des voix des électeurs espagnols de l’étranger, achevé samedi 29 juillet, a donné au Parti Populaire (PP, droite) un siège pour la circonscription de Madrid initialement attribué au Parti socialiste ouvrier espagnol PSOE. Bien que ce dernier reste favori pour former un gouvernement, le nouveau rapport de force rend la situation plus compliquée, les deux formations étant loin des 176 sièges nécessaires pour obtenir la majorité absolue au Parlement au premier tour.

Avec les appuis dont disposent les deux partis, le rapport de force s’établit désormais à 171 députés pour la gauche et 171 pour la droite, après qu’un petit parti, Coalicion Canaria, a annoncé qu’il n’apporterait pas son soutien au PP.

Cela signifie que Pedro Sanchez, le premier ministre socialiste sortant, aura besoin des votes des sept députés du parti indépendantiste catalan Junts per Catalunya (JxCat) de Carles Puigdemont, réfugié en Belgique après l’échec de la tentative l’indépendance de la Catalogne en 2017, pour obtenir l’investiture au deuxième tour à la majorité simple. M. Puigdemont a conditionné son vote en faveur de M. Sanchez à la négociation d’une résolution du « conflit qui oppose la Catalogne à l’Espagne », tout en demandant que les négociations se déroulent sans « pression ».

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Une rencontre prévue entre les deux candidats

Le conservateur Alberto Nuñez Feijoo a proposé à Pedro Sanchez une rencontre « cette semaine » pour éviter « une situation ingouvernable » et « en tant que vainqueur des élections du 23 juillet », mais le premier ministre sortant lui a répondu qu’il n’y était disposé qu’après l’installation du nouveau Parlement, le 17 août.

Le Parti populaire est arrivé en tête aux législatives en Espagne, sans obtenir le nombre de sièges nécessaire pour former un gouvernement. Si aucun des deux blocs n’obtient de majorité pour former un gouvernement, l’Espagne devra organiser de nouvelles élections, probablement en fin d’année, comme ça a été le cas lors des deux précédentes élections générales, en 2016 et 2019.

« L’Espagne ne mérite pas une situation ingouvernable et nous ne pouvons pas nous permettre un blocus à un moment aussi important pour notre économie et nos institutions, en pleine présidence espagnole du Conseil de l’Union européenne », a insisté M. Feijoo dans un message sur le réseau social Twitter, rebaptisé X.

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Par ailleurs, le PSOE a demandé une vérification de plus de 30 000 votes nuls d’électeurs de l’étranger, dans l’espoir de récupérer le siège que le PP lui a pris. Une demande refusée par la Commission électorale, qui a estimé, dans une résolution publiée par le PP sur X, qu’il n’y avait aucun signe de « possibles irrégularités ».

Le Monde avec AFP