« Ne donnons pas des armes à ceux qui ont juré notre perte »

Une nouvelle fois, les assassins ont frappé sur notre sol. Au nom de la haine que profère le terrorisme islamiste, de sa détermination à tuer, à faire taire nos caricaturistes et nos professeurs, à détruire notre démocratie ouverte et laïque. Ils ont juré notre perte car nous représentons la liberté – surtout celle des femmes.

Comme chaque fois depuis 2015 se multiplient les discours contre les étrangers et les musulmans. Le cynisme des uns se mêle à l’irresponsabilité des autres, nous conduisant vers le but recherché par les terroristes : installer la peur, enflammer nos différences d’origines et de croyances, alimenter les haines contre les musulmans et les juifs, opposer le fait religieux à la normalité républicaine. Nous asphyxier.

Ne donnons pas des armes à ceux qui ont juré notre perte. Nous avons le devoir du courage, de la lucidité, du parler vrai et juste, de la détermination la plus ferme. Cessons de tomber dans les instrumentalisations de l’horreur au Proche-Orient concomitantes de la reprise des attaques terroristes en Europe.

Extraire la question migratoire des instrumentalisations

Condamnons sans ambiguïté les actes terroristes ignobles commis par le Hamas en Israël, pesons pour protéger les civils palestiniens de Gaza, mobilisons notre diplomatie afin que la sécurité d’Israël comme Etat juif et les droits des Palestiniens soient enfin garantis. Soyons intraitables face à la multiplication des actes antisémites en France. Cessons de tomber dans le piège à la veille d’un projet de loi sur l’immigration. Quelques heures après l’assassinat de Dominique Bernard, certains ont réclamé la « fermeture » du pays à l’immigration.

En dépit de la mort lente que cela provoquerait : l’étouffement social et moral dans un entre-soi pendant que les morts se multiplient en Méditerranée, la perte de vitalité inhérente à une société ouverte, l’étouffement de l’économie privée de forces productives, les atteintes au rayonnement de notre nation. Avec l’assurance d’amalgames au détriment de Français d’origine étrangère.

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La réponse aux provocations des terroristes islamistes réside dans un débat démocratique, pour extraire la question migratoire des instrumentalisations en organisant un accueil maîtrisé. Un accueil nécessaire à la survie de notre collectif républicain attaché aux valeurs d’asile et d’hospitalité comme à celle de notre économie. Une maîtrise indispensable au vu des clivages qui traversent notre société et de la menace terroriste.

Mobilisation de toutes les sources d’information

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